BILAN juin/juillet 2021

Placements ESG, finance verte, investissement responsable, finance durable, … les challenges auxquels doivent faire face les acteurs bancaires en la matière sont plus nombreux et complexes que jamais. Pour maintenir sa position privilégiée et conserver son rôle de leader, la place financière suisse n’a d’autre option que de développer les compétences des leaders qui façonneront et dirigeront la banque et la finance de demain.

Leadership bancaire à l’ère de la finance durable

En période de changement – et encore plus quand celui-ci est brutal et massif – les compétences acquises hier ne sont que d’un très faible secours pour relever les nouveaux challenges qui se présente à nous. Il faut en la matière, faire sienne la citation du sociologue Michel Crozier qui écrivait il y a plus de 50 ans déjà : « Quand on affronte les problèmes de demain avec les solutions d’hier, on récolte les drames d’aujourd’hui ». Cela signifie pour tout à chacun que l’expertise doit prendre le pas sur l’expérience mais aussi que le leadership en fait autant sur le management.

Mais si pour les techniciens, la spécialisation et l’expertise est désormais de mise, qu’en est-il des compétences des fonctions encadrantes ou de direction ?

Capacité d’anticipation (intuition /aptitude à capter les signaux faibles), de résolution de problèmes complexes, expertise dans la gestion du changement, animation d’équipes multidisciplinaires (ou sans lien hiérarchique), prise de décision en situation d’incertitude… sont autant de qualités de leadership sur lesquelles se bâtissent aujourd’hui les performances et les croissances durables de demain. Au cœur du système, les hommes et les femmes qui font la banque d’aujourd’hui et qui aspirent à le faire encore demain. Pour eux, deux questions restent toujours centrales :

« Comment ces éléments, souvent disruptifs, vont impacter mon quotidien professionnel? »
« Comment en tirer parti et devenir l’acteur plutôt que la victime des changements à venir? »

Pour y répondre, il faut à la fois de la lucidité et de la résilience. Lucidité quant à la nécessaire prise de conscience de l’obsolescence programmée de ses propres compétences et de l’impérieuse nécessité d’en gérer le cycle de vie. Résilience face à cette dégradation – transformation – de notre environnement personnel et du paradigme initial global qui exige pour chacun d’investir encore et encore en termes de formation tout au long de sa vie professionnelle.

Si le leadership 2.0 ne s’enseigne pas, il s’apprend.

La bonne nouvelle, c’est que ces nouvelles compétences peuvent s’acquérir. Si le leadership 2.0 ne s’enseigne pas, il s’apprend. Le succès croissant des formations postgrades universitaires (CAS, DAS ou MAS) auprès de quadra n’est pas le fruit d’une mode mais bien la preuve de leur efficacité en la matière. C’est particulièrement vrai pour ceux proposés par les HES (Universités de Sciences appliquées) qui se focalisent sur le développement d’un leadership concret en s’appuyant sur des mises en application et le partage d’expérience avec des intervenants externes tous eux-mêmes en situation de prise de décisions stratégiques et de conduite des transformations.

On a coutume de dire que la banque suisse a plus changé ces 10 dernières années qu’au cours du siècle qui les a précédées. C’est sans doute vrai ! Mais ce qui est certain, c’est qu’elle va changer de façon encore plus radicale dans les années qui viennent!

Et vous, êtes-vous prêt à conduire ces changements plutôt que de les subir?

Frédéric Kohler
Directeur de l’ISFB

Partagez l'article sur :

Tous les articles

Articles récents

Catégories