Se former à l’IA? Une lapalissade

30 septembre 2026

L’intelligence artificielle est désormais présente dans nos usages quotidiens comme dans les pratiques professionnelles. Dire qu’elle entre dans les métiers bancaires et que se former devient nécessaire relève donc presque de la lapalissade. Reste une question essentielle : se former, certes, mais à quoi ? Comprendre ces outils, savoir les utiliser avec discernement et conserver la maîtrise de son expertise deviennent des compétences à part entière.

Certes, le déploiement de l’intelligence artificielle générative varie encore d’une banque à l’autre, mais les compétences nécessaires à son utilisation doivent déjà être développées ; là encore il s’agit d’une évidence. Se former dès lors, mais se former à quoi ? L’avancée de l’IA et de ses modèles n’a d’égale que les sommes investies à son développement et nous commençons à peine à en entrevoir les impacts sur les métiers tout en percevant qu’ils seront massifs.

Dans certaines banques, des solutions d’IA sont déjà accessibles aux équipes, alors que dans d’autres, les projets sont encore en phase de test ou de préparation. Les usages, eux, commencent à s’identifier et à s’ancrer dans la pratique : rechercher et synthétiser de l’information, préparer un document, traduire, comparer des contenus, structurer une réflexion et, l’avènement des assistants et agents aidant, automatiser certaines tâches voire les déléguer.

Cette facilité d’accès à ces capacités, hier encore impensables, mérite toutefois d’être bien comprise. On le sait aujourd’hui, une réponse peut être convaincante et néanmoins erronée, une synthèse peut omettre un élément important et l’utilisation de certaines données peut poser des questions de confidentialité. Pour ne citer que ça. Dans un environnement bancaire, où la responsabilité est entre les mains de celles et ceux qui l’utilisent, ces sujets prennent une importance particulière.

Des compétences à développer dès maintenant

Les travaux de l’Observatoire ISFB des compétences bancaires et financières suivent depuis plusieurs mois les effets de l’IA sur le travail et les métiers. Dans une enquête menée auprès des banques membres en avril 2025 déjà, l’ISFB relevait alors l’importance croissante des compétences liées à l’IA, à la donnée et aux dimensions humaines du travail. Ces compétences peuvent être développées indépendamment du calendrier technologique de chaque établissement. Comprendre le fonctionnement d’une IA générative, savoir formuler une demande, contrôler une réponse, protéger les informations sensibles et identifier les situations dans lesquelles une vérification humaine reste indispensable constituent déjà des savoir-faire professionnels.

Garder la maîtrise de son travail

Dans son analyse des recherches récentes consacrées à l’IA générative et au travail, Stéphane Bonzon, psychologue à l’ISFB, montre que les effets observés dépassent largement les seuls gains de productivité. L’IA peut améliorer la performance sur certaines tâches, mais elle peut également modifier le rapport au savoir, au jugement professionnel ou à la charge de travail. Mathias Baitan relève de son côté que l’IA intervient désormais directement dans le langage et donc dans le rapport à l’autre. Plus ces outils deviennent performants, plus les connaissances métier et la capacité à apprécier la qualité d’un résultat restent importantes.

Une culture IA pour tous

Tous les collaborateurs n’ont pas vocation à devenir spécialistes de l’intelligence artificielle, en revanche, une culture commune devient utile : connaître les principes, les risques, les usages possibles et les bons réflexes. L’ISFB propose dans cette perspective la formation IA générative pour les spécialistes du secteur bancaire romand. Pendant trois jours, les participants renforcent leurs connaissances de l’IA en comprenant les enjeux actuels, découvrent les cas d’usage réels en milieu bancaire, échangent sur leurs pratiques tout en découvrant des outils concrets et abordent les sujets directement liés à leur environnement : protection des données, réglementation actuelle, gouvernance, souveraineté numérique et effets de l’IA sur le travail.

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Christophe Nicod

Responsable Formation continue ISFB, Membre de la Direction

Tous les collaborateurs n’ont pas vocation à devenir spécialistes de l’intelligence artificielle, en revanche, une culture commune devient utile : connaître les principes, les risques, les usages possibles et les bons réflexes.

Christophe Nicod, Membre de la Direction ISFB

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2026-09-30T17:18:08+02:00