ISFB Insight
L’ISFB lance un nouveau certificat de niveau expert dédié à la LBA pour les Compliance Officers
26 octobre 2026
Face à la complexité croissante de la lutte contre le blanchiment d’argent, les banques attendent des professionnels de la compliance une expertise toujours plus pointue. Pour répondre aux besoins exprimés par les établissements de la place financière, l’ISFB lance son nouveau Certificat Senior Compliance Officer – LBA Avancée, un cursus de niveau expert axé sur la pratique et la prise de décision.
Taulant Avdija, directeur du programme, nous présente les ambitions de cette nouvelle certification et les compétences qu’elle entend renforcer chez les professionnels confrontés, au quotidien, aux situations les plus complexes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.
Pourquoi l’ISFB lance-t-il aujourd’hui un Certificat Senior Compliance Officer dédié à la Loi fédérale concernant la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (LBA)?
Parce que la LBA est devenue une matière d’une complexité qu’elle n’avait pas il y a dix ans. Les révisions successives de la loi, les pressions internationales, le registre de transparence, les sanctions, la pression constante en matière d’enforcement et l’arrivée de l’intelligence artificielle dans le monitoring ont multiplié les questions auxquelles un compliance officer doit répondre, souvent sans réponse évidente dans les textes. Dans cette LBA-là, trois choses sont devenues clés : comprendre ce que l’on fait et pourquoi, garder un esprit critique face aux outils et aux procédures, et documenter ses décisions de manière à pouvoir les défendre. Le Certificat Compliance Officer de l’ISFB, dans lequel j’interviens, donne un très bon survol de la LBA en quatre heures, et c’est exactement son rôle dans un cursus généraliste. Mais les banques de la place, qui portent l’ISFB, nous ont fait savoir qu’elles cherchaient un niveau supplémentaire, dédié uniquement à cette matière, pour les personnes qui la pratiquent au quotidien. Ce certificat répond à cette attente.
En quoi ce nouveau certificat constitue-t-il la suite logique du Certificat ISFB Compliance Officer, et qu’apporte-t-il de plus à quelqu’un qui a déjà suivi ce premier cursus ?
Le premier certificat donne les bases de la LBA dans le cadre plus large de la fonction compliance. Le nouveau part de ces bases et les met au travail sur des dossiers concrets.
Il apporte trois choses de plus. D’abord la gouvernance : comment une banque construit son modèle de risque à partir de son analyse des risques, et comment la LBA s’intègre dans sa stratégie. C’est une dimension que l’on n’aborde pas dans un cursus généraliste. Ensuite la pratique des dossiers complexes, du onboarding jusqu’à l’enforcement, avec le temps nécessaire pour les décortiquer et apprendre à les challenger. Enfin le regard de praticiens de banques de la place et de l’autorité de surveillance, qui partagent ce qu’ils voient réellement dans leurs dossiers. Pour quelqu’un qui a suivi le premier certificat, c’est la suite naturelle de son parcours.
Quelles sont aujourd’hui les situations LBA les plus complexes auxquelles un Compliance Officer expérimenté doit savoir faire face, et comment le programme prépare-t-il concrètement à les traiter ?
Je citerais quatre situations. D’abord les structures complexes : trusts, fondations, sociétés en cascade, véhicules d’investissement. Pendant longtemps, on les a plus décrites que comprises. On remplissait un formulaire, on reproduisait l’organigramme fourni par le client, et le dossier était considéré comme documenté. Aujourd’hui, cela ne suffit plus : il faut comprendre qui contrôle réellement, d’où vient l’argent et pourquoi la structure existe. Comprendre devient essentiel. Ensuite le traitement des hits de monitoring, où il faut décider rapidement si une transaction est explicable ou si elle doit être communiquée au MROS, avec les conséquences que cela implique pour la relation. Puis les sanctions, qui ont pris une place considérable depuis 2022 et qui exigent une réactivité que peu d’établissements avaient anticipée. Et enfin l’enforcement : comment réagir quand la FINMA ou un auditeur pointe des manquements, et comment éviter d’en arriver là.
Le programme est construit dans cet ordre chronologique, de l’onboarding à l’enforcement. Chaque module s’appuie sur des illustrations concrètes tirées de la pratique, apportées par des intervenants qui vivent ces situations dans leurs établissements. Nous avons volontairement réduit la part de théorie. Le dernier module est entièrement consacré à un grand cas intégratif que les participants résolvent ensemble, en mobilisant tout ce qu’ils ont vu durant les modules précédents.
Pourquoi avoir choisi un format court et intensif de quatre jours, avec une certification et un examen, plutôt qu’une formation continue plus longue ?
Parce que le public visé est composé de professionnels en activité, qui ont des dossiers à gérer et peu de temps à dégager. Un format dense permet de garder le fil d’un module à l’autre et d’arriver au cas intégratif avec tout le contenu encore en tête. Huit modules de quatre heures, c’est aussi le format qui permet de réunir des intervenants de haut niveau, qui ne pourraient pas s’engager sur un cursus étalé sur une année. Le présentiel est important pour nous : la LBA se discute, se débat, et les échanges entre participants venus d’établissements différents font partie de la valeur du programme. L’examen écrit, lui, n’est pas une formalité. Il donne au certificat sa valeur sur le marché : un employeur doit savoir que la personne qui porte ce titre a démontré sa capacité à raisonner sur un cas complexe, pas seulement qu’elle a assisté aux cours.
À quel profil de professionnel recommanderiez-vous particulièrement ce certificat et, au terme du cursus, quelles compétences supplémentaires devrait-il être capable de mobiliser dans sa pratique quotidienne ?
Je pense d’abord à celles et ceux qui ont suivi le Certificat Compliance Officer de l’ISFB : ils ont les bases, ils connaissent la maison et ce nouveau certificat est le prolongement naturel de leur parcours. Plus largement, il s’adresse à toute personne qui pratique la LBA au quotidien et qui a déjà quelques années d’expérience dans ce domaine. Cela inclut naturellement les compliance officers et les membres des équipes AML ou d’investigation, mais aussi les collaborateurs du front et les business risk managers, qui sont en première ligne dans la relation client et prennent chaque jour des décisions à portée LBA, ainsi que les juristes, risk managers et auditeurs internes (et externes) confrontés à ces questions. L’expérience préalable en LBA est importante, car le programme part du principe que les bases sont acquises. Pour un établissement, c’est l’occasion d’y envoyer les personnes de différentes lignes de défense qui portent ces sujets, et de leur donner un langage et des réflexes communs.
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Taulant Avdija
Directeur de programme ISFB
La révision de la loi, le registre de transparence, les sanctions, la pression constante en matière d’enforcement et l’arrivée de l’intelligence artificielle dans le monitoring ont multiplié les questions auxquelles un compliance officer doit répondre.
Taulant Avdija, directeur de programme ISFB
